A la beauté !

Il suffit de peu de choses pour m’émerveiller, la beauté se trouve dans tant de choses !

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Ils avancent lentement. Dignement. Une trentaine d’hommes en costumes, chapeaux et bâtons à la main suivis d’autant de femmes en pagnes colorés. Groupés en un magnifique ensemble de gris sur lequel tranche l’ensemble vivifiant de jaune pétard, bleu et rose. Une élégance qui coupe le souffle.

Ode à la vieillesse. Ode à la beauté. Leur beauté. Dans ces mains ridées qui se referment sur les miennes. Dans ces visages qui me dévisagent gravement. Ces regards qui ne vous lâchent pas, comme s’ils cherchaient à vous délimiter, tandis que vous n’espérez qu’une chose : qu’ils partagent leur expérience, qu’ils parlent d’eux. L’âme bée dans l’attente qu’ils acceptent de dévoiler ne serait-ce qu’une infime parcelle de leur être. La beauté dans cette main qui enserre la canne polie, s’y maintient comme un arbre compte sur ses racines pour le faire tenir face au vent. Ces corps bien droits, ces âmes si fortes. Tant de vie et tant d’élégance. Je trouve tant de beauté dans la vieillesse. Elle cache une force incroyable qui me fascine.

Envoutée, je les suis. Ils se rendent à une réunion sur l’hygiène quotidienne organisée par l’IRC et à laquelle je me permets d’assister. Dans le patio, ils s’installent par groupe, les femmes d’un côté, les hommes de l’autre.

Tous me sourient. Aux femmes, j’essaye d’expliquer ce que je fais ici. Elles rient, approuvent et me remercient. Puis me proposent de venir les voir et de m’apprendre le swahili. Je ne demande que ça.

Rage de ne pouvoir parler plus leur langue. Limite si idiote à l’échange. Quand Resa, une femme que je rencontre maintenant à chaque passage, déclare d’une main sur la poitrine quelle joie cela lui fait de me voir. Que puisqu’elle n’a jamais eu de fille ni de petite fille (elle a encore un fils en vie sur trois, qui vit dans le camp avec sa femme), elle me considère comme telle. Et même si je ne peux m’empêcher de penser qu’étant blanche, rien n’est gratuit, son geste me touche.

En sortant, tous les hommes me serrent la main et me saluent. Regards si profonds, tristesse des malheurs vécus et pourtant brûle si fort la flamme de candeur.

Comment ne pas vouloir se battre pour la vie…

 

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